Auteur: Ubik
Date: 19-12-2007 16:46
"qu'est ce qui en moi me dit ce que je dois faire?"
Bon, n'écoute pas des solutions comme celle de "sérieux", car elles méconnaissent le sens d'une dissertation de philosophie. Répondre par des faits préexistants à la question comme "la responsabilité, l'aide morale",c'est déclarer la question inutile puisque possédant déjà une réponse établie qu'il suffirait d'apprendre par quelque autorité.
Une dissertation a pour but une réponse qui sera passée, auparavant, par divers stades de problématisation. Pourquoi problématiser ? Parce qu'il est aisée de tirer d'influences extérieures des réponses, mais aucune d'entre elles n'aura de valeur pour toi, puisque ce n'est pas au moyen de ton propre entendement que tu seras parvenu à les engendrer.
C'est pourquoi il n'existe pas de réponse toute faite en philosophie : il te faut la construire à partir des oppositions qui peuvent être faites à toute réponse immédiate. La vérité se doit d'être entière, sans quoi elle est relative et n'est plus qu'une opinion. Bien sûr, si cela se trouve il n'y a pas de vérité, auquel cas ta dissertation pourra prendre un ton sceptique dans ses conclusions et expliquer pourquoi on ne peut fournir de réponses fermes, étant donné l'énoncé du sujet.
Dans le cas présent, quels sont les éléments mis en avant : un "moi", toi autrement dit, qui aurait quelque chose qui lui dirait ce qu'il "doit faire".
Si tu te réfères à ton expérience, tu aurais simplement envie de répondre que rien en toi ne te dit ce que tu "dois" faire, mais seulement ce que tu as envie de faire. En moi il y a des désirs, des passions et des ambitions que j'aimerais faire. Donc, pas de problème en apparence puisque, en ce qui concerne la motivation derrière mes actes, il y a juste moi et ses envies.
Mais le problème, c'est que tes actions peuvent être inhibées, bloquées, avant même de s'élancer au dehors. Pourquoi donc hésitons-nous à agir si notre corps nous dit exactement ce qu'il faut faire ?
C'est sans doute parce qu'il existe des règles extérieures, des lois sociales et morales, qui, par les sanctions qu'elles brandissent contre toute personne qui leur contreviendrait, t'empêchent d'agir. Car, si le prix à payer pour faire ce que ton "moi" te dit de faire consiste à détruire ce même "moi", force est d'admettre qu'il vaut mieux éviter... Ce serait se contredire que d'accepter une passion qui, en visant "ta" satisfaction, détruirait au final ce "moi" qu'elle chercherait pourtant à contenter.
Néanmoins, nous ne répondons nullement à l'intitulé du sujet en avançant de telles raisons. La pression sociale est extérieure à ton "moi" : elle est relative à des circonstances qui dépassent ta seule personne, à savoir la tradition, l'histoire et la communauté des autres.
Il faut donc se demander, en acceptant cette idée qu'il y a quelque chose, en toi, qui te dit ce que tu "dois" faire, comment on peut concilier cette idée avec cette réalité selon laquelle "moi" sait très bien quoi faire, mais les autres me disent ce que je "dois" faire.
Et si "moi" ne signifiait pas seulement ton corps et ses passions ? Auquel cas, si tu possèdes en toi quelque chose qui te dit ce tu "dois" faire avant que n'intervienne la société, cela ne signifie-t-il pas qu'il faut définir le moi en un sens moins évident que celui immédiat que nous offre l'expérience quotidienne de nos passions et de nos envies ? Mais comme on ne peut se former cette idée à partir de choses extérieures sans trahir le sens de la question, comment donc partir de ce "moi" intéressé et égoïste pour retrouver un "moi" désintéressé et apte au "devoir" ?
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