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Peut-on tout dire?
Dissertation - Philosophie - Auteur : thibele
La première difficulté à laquelle l’homme est confronté lorsqu’il commence à maitriser le langage est liée au sentiment d’impuissance, d’insuffisance de la langue à pouvoir tout exprimer.
Nous nous sommes tous heurtés un jour à l’impression de ne pouvoir exprimer ce que nous ressentions, ou encore nos idées. C’est ce que nous appelons indicible :
 Ce que nous ne pouvons énoncer par le discours.
On pose donc ici implicitement que tout ne peut pas être dit. Il existerait une part de nos pensées, de nos sentiments qui échapperaient à toute possibilité d’énonciation.
Pourtant l’idée que la pensée déborde le langage peut paraître curieuse.
 En effet il semble bien que la pensée soit tributaire du langage. Comment penser sans langage ? Un enfant sauvage qui aurait été élevé en dehors des hommes et ne maitrisant pas le langage, ne pense pas non plus.
 Comment alors comprendre que la pensée, tributaire du langage, puisse s’émanciper à ce point ? Est-ce que c’est même possible, ou ce paradoxe n’est-il pas l’indice d’une illusion de la conscience qui pose qu’elle peut dire plus que ne lui permet le langage ?
De plus, à supposer que nous ayons la possibilité d’effectivement tout dire, serait-ce même souhaitable ? Toute vérité n’est peut-être pas bonne à dire…
Ou, si nous avons la possibilité effective de dire ce que nous pensons par le biais d’un langage approprié, rien ne garantit que notre discours soit perçu de manière adéquate par autrui. Ni même qu’il sera toléré.
La difficulté de la question « peut-on tout dire ? » est donc qu’elle suppose non seulement de s’interroger sur la possibilité effective de l’énonciation, mais aussi sur le rapport du langage à la pensée et enfin sur la valeur morale du discours… ainsi le problème peut être posé dans les termes suivants :
Avons-nous la possibilité effective, morale et linguistique de tout dire ou bien devons-nous penser que nous n’avons pas le droit de tout dire quand bien même nous le pourrions.
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