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A.Mayer La persistance de L'Ancien Régime
Fiche de lecture - Histoire - Auteur : vivie8888
En 1887, c'est-à-dire 17 ans avant le début de la Première Guerre mondiale et avant la constitution du système des alliances, Engels prévoyait qu’un futur conflit entre les grandes puissances ne saurait être autre chose qu’une « guerre mondiale d’une ampleur et d’une intensité insoupçonnées jusqu’ici ». La Première Guerre mondiale débute à la suite de l’assassinat de l’héritier du trône des Habsbourg, l’archiduc Francois-Ferdinand et de sa femme, à Sarajevo le juillet 1914. Mais les causes de la Grande Guerre ne peuvent pas être réduites à cet évènement : le premier conflit mondial du XXème siècle fut l’aboutissement d’un contexte de crise, tant internationale qu’interne aux pays belligérants et non la simple réaction à l’assassinat de Francois-Ferdinand d’Autriche. Pour beaucoup d’historiens la Première Guerre mondiale fut le résultat de l’ascension de la bourgeoisie en Europe, de la volonté des industriels et des financiers d’étendre leur pouvoir grâce à un conflit. Arno Mayer soutient au contraire que c’est l’Ancien Régime qui fut responsable de la Grande guerre, c'est-à-dire que la Première Guerre mondiale fut le résultat de la permanence contestée mais réelle des structures politiques, sociales et culturelles de l’Ancien Régime.
L’analyse d’Arno Mayer se construit autour de trois hypothèses initiales : la première hypothèse voit la Première Guerre mondiale reliée comme par un cordon ombilical à la Seconde Guerre mondiale, ces deux conflits constituant la guerre de Trente ans de la crise générale du XXème siècle. La deuxième hypothèse développée par Arno Mayer considère la Grande Guerre, phase initiale et embryonnaire de cette crise générale, comme la conséquence de la remobilisation des Anciens Régimes d’Europe. Elle serait de plus l’expression de la décadence et de la chute de l’ordre ancien plutôt que la manifestation du capitalisme industriel. Enfin la troisième hypothèse d’A. Mayer décrit l’ordre ancien en Europe comme étant essentiellement pré-industriel et prébourgeois. Le but de Mayer poursuivi tout au long de son ouvrage est de démontrer par des chiffres et par l’étude des pays qui s’opposeront lors de la Première Guerre mondiale, que jusqu’en 1914 les forces d’inertie et traditionnelles de l’ordre ancien ont contenu cette nouvelle société en expansion dans les limites des Anciens Régimes qui dominaient le paysage historique de l’Europe.
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