|
La démocratie représentative peut-elle se résumer par le gouvernement du peuple, par le peuple, et pour le peuple ?
Dissertation - Auteur : catounet
La notion de démocratie a beaucoup de sens, elle se traduit notamment par le respect des droits de l’homme bien qu’il s’agisse d’une assimilation réductive qui perdure. En prenant l’exemple des institutions européennes, nous entendons souvent l’expression de « déficit démocratique ». Le peuple n’est pas consulté, cependant, un déficit démocratique n’est pas un déficit des droits de l’homme sinon cela engendrerait une révolution. Par conséquent, la démocratie et les droits de l’homme sont deux notions qui sont assimilées bien que l’absence de l’une ne provoque pas forcément celle de l’autre, autrement dit, la notion de respect des droits de l’homme n’a pas effacé la notion d’organisation démocratique. Pourtant, il demeure deux conceptions historiques différentes :
- La démocratie est un concept récent, souvent réduit à l’idée de république.
La IIIe république ne se voulait pas démocratique (1875) même si elle respecte les droits de l’homme de même que la démocratie athénienne. On assiste à un glissement terminologique entre la notion de république et de démocratie. Nous en avons un certain aperçu, Abraham Lincoln, président des Etats-Unis d’Amérique de 1861 à 1865 dit la chose suivante : « La démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Par ailleurs, nous retrouvons cette phrase dans notre constitution. En effet, alors que A.Lincoln définit par cette phrase la démocratie, la constitution française y puise le principe de la république. Nous observons à nouveau cette confusion terminologique.
-D’un point de vue logique, la démocratie est une organisation du pouvoir qui implique un respect de la volonté du peuple.
A la fin du XVIIIe siècle, la démocratie et le régime représentatif sont deux choses différentes alors qu’aujourd’hui on réunit les deux termes : démocratie représentative.
La notion de démocratie représentative rejoint la deuxième conception historique de la démocratie. En effet, le respect de la volonté du peuple peut s’établir de différentes manières ; soit le peuple dispose lui-même de sa souveraineté, soit il la confie à des représentants élus au suffrages universel direct. En l’espèce, la notion de démocratie représentative se rapproche plus d’une délégation de la souveraineté d’un peuple à ses représentants à savoir une souveraineté nationale. Par conséquent, serait-il rigoureux de résumer la démocratie représentative à un « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » ? Le mot « gouvernement » est employé ici dans le sens très large de « gouvernement des hommes », de pouvoir politique, et non pas, évidemment dans celui que lui donnera Rousseau, de « pouvoir exécutif ».
Cette phrase est bien balancée, cependant lorsque nous nous penchons en détail sur l’analyse de celle-ci, nous y trouvons des éléments assez superficiels. N’importe quel gouvernement s’exerce sur un peuple, il ne s’agit pas d’un critère démocratique. De plus, un gouvernement pour le peuple est un gouvernement qui veut pour le peuple, mais peut-on concevoir un gouvernement par le peuple qui ne soit pas pour le peuple ? Par conséquent, le gouvernement par le peuple est l’élément essentiel qu’il faille retenir. Donc, peut-on résumer la démocratie représentative de gouvernement par le peuple ?
|