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Désenchantement citoyen
Dissertation - Culture Générale - Auteur : nathy78
« Non seulement [les hommes habitant les temps démocratiques] n’ont pas naturellement le goût de s’occuper du public, mais souvent le temps leur manque pour le faire. La vie privée est si active dans les temps démocratiques, si agitée, si remplie de désirs, de travaux, qu’il ne reste presque plus d’énergie ni de loisir à chaque homme pour la vie politique. (…) L’amour de la tranquillité publique est souvent la seule passion politique que conservent ces peuples. »
Ainsi Alexis de Tocqueville, dans De la démocratie en Amérique, a-t-il posé il y a déjà près de deux cents ans la teneur nouvelle du lien entre citoyen et démocratie.
Et aujourd’hui, le phénomène, de plus sous-tendu par une méfiance nouvelle des citoyens à l’égard de leurs gouvernants, ne semble pas avoir disparu, bien au contraire ; à l’heure où le citoyen semble douter de l’expression démocratique des urnes en s’abstenant de plus en plus de s’y présenter, à une époque où la tension structurelle entre particulier et universel qui anime la figure du citoyen est particulièrement vive, et où l’individualisme semble l’emporter sur l’intérêt général, il semble essentiel de se questionner sur ce qui semble être un désenchantement citoyen à l’égard de la légitimité démocratique et de l’intérêt général, l’individu semblant de façon irrémédiable se concentrer toujours davantage sur ses intérêts privés.
Plus précisément, qu’en est-il ? La politique, les enjeux liés à notre système démocratique passionnent-ils, mobilisent-ils toujours, comme aux temps de la Révolution, le peuple français ?
Afin de répondre à ces interrogations, nous verrons, dans une première partie, dans quelle mesure les vieilles modalités de l’engagement citoyen semblent mourir et se marginaliser, et comment il est possible d’expliquer pareil phénomène.
Puis, dans une seconde partie, nous nuancerons ce constat pessimiste d’un désenchantement citoyen, et verrons que la participation politique est moins en train de disparaître que de se transformer, suivant les transformations de la société civile.
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