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Le juste est-ce le justifiable?
Dissertation - Philosophie - Auteur : jfantino
Un étudiant confronté à un sujet surprenant tel que : « Le juste est-ce le justifiable ? » se décourage immédiatement et se désiste de l’orientation dans le pensée en remettant une copie blanche. C’est une information juste car elle est vraie. Cette réaction est justifiable dans la mesure où l’élève a certainement ses raisons. Quant au professeur, il considère cette fuite devant l’obstacle comme injustifiable et assignera une note nulle en justifiant son geste par la justice éducative suprême. C’est tout à fait juste par rapport aux autres et justifiable par rapport à son propre comportement!
Cette situation originale marque parfaitement la polysémie de ces deux mots et la difficulté d’emblée que propose le sujet en cherchant à identifier deux termes proches. Le rapprochement de ces deux notions – le juste et le justifiable – tend même à établir un rapport d’égalité: le juste est le justifiable. Toutefois, ces deux noms diffèrent puisque le juste appelle un certain consensus dans le cadre de la communauté scientifique ou bien de l’Etat de droit alors que le justifiable se rapporte plutôt à la pluralité des subjectivités individuelles. C’est juste en soi alors que c’est justifiable pour moi! Cette contradiction entretient une tension entre les deux notions: cet obstacle impose un questionnement et une véritable aventure dans le pensée non pas pour répondre mais plutôt pour se poser le problème pratiquement ontologique. En effet, dès le « miracle grec » et sa célèbre rupture entre logos et mythos, les penseurs s’appuient sur la connaissance qu’ils dépassent par la réflexion philosophique en s’intéressant à l’éthique: la quête de la substance première arché se double d’une recherche d’un genre de vie; est-ce qu’être juste est une condition nécessaire ou bien suffisante pour devenir kalosogathos?
Le lien logique manifeste de l’impossibilité immédiate de l’égalité qui cherche à s’instaurer: en utilisant le raisonnement mathématique, on peut dire que le juste est inclus dans le justifiable mais que l’implication n’est pas réciproque. Le juste est à la fois le vrai et le bien commun tandis que le justifiable est une légitimité personnelle qui est parfois juste et renvois à la fois à la temporalité – ce qui est injustifiable aujourd’hui sera justifié demain si c’est juste -, à la vérité – les raisons sont parfois justes – et à la moralité – ce qui est justifiable pour moi est parfois juste pour tous-. Il semble donc que le juste soit toujours justifiable alors que le justifiable n’est pas forcément juste; mais alors, par contraposée, l’erreur ou l’injustice sont-elles toujours injustifiables? Le justifiable peut-il et même doit-il être juste? En quoi l’est-il parfois et comment peut-il le devenir systématiquement?
Les enjeux de ce cheminement sont multiples dans la mesure où les notions se rapportent à de nombreux domaines: la responsabilité morale, la justice, le bonheur, la liberté, la vérité, la sagesse.
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