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peut-on distinguer le naturel de l'artificiel ?
Dissertation - Philosophie - Auteur : jcertu
Lorsque l'on parle de la nature, on évoque généralement le monde dans son ensemble, abstraction faite de ce que l’homme y a apporté et des transformations qu’il y a opérées. La nature comprend donc en ce sens tout l’univers, l’ensemble des phénomènes naturels, mais aussi, outre la matière, les plantes et les êtres vivants dont fait partiel’espèce humaine. En somme, la nature apparaît comme l’ensemble du réel, ôté de tout ce que l’homme y a fait ou ajouté, de l'artificiel. Dans cette perspective, elle se définit par tout ce qui existe indépendamment de l'homme et de ses interventions tandis que l'artificiel se présente comme tout ce qui existe par ce dernier. On peut ainsi à priori distinguer le naturel et l’artificiel par leurs origines ou causes respectives : la nature pour l’un, la technique pour l’autre. Cependant, cette définition de la nature pose problème dans la mesure où une chose, même produite par l’homme, est nécessairement constituée d’éléments naturels : l’homme ne peut pas en effet créer à partir de rien ; Aussi, tout ce qu’il fabrique n’est-il jamais que la transformation d’éléments qui se trouvent au préalable dans la nature, chaque chose produite de sa main n’est en fait que le changement de forme d’éléments naturels. Mais que signifie cela, sinon que tout est naturel puisque rien de ce qui est, même les produits dits « chimiques », ne provient pas de la nature ? Paradoxalement on a par ailleurs souvent tendance à penser le naturel sur le modèle de l’artificiel, en se référant par exemple aux machines ou aux automates pour expliquer le vivant. Ainsi, abstraction faite de l’origine, la question se pose : peut-on distinguer le naturel de l’artificiel ? Qu’elles soient à l’état de nature ou produites par les soins de l’homme, y a-t-il une véritable différence entre les choses naturelles et les choses artificielles ? Si oui, existe-t-il des critères permettant de les identifier respectivement et, au cas échéant, sur quoi se fonde-t-on pour affirmer l’absence de distinction entre ces deux concepts ? La science, par le biais de la physique, aurait-elle entièrement réponse à cette question ?
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