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Quels droits a-t-on sur son image ?
Exposé - Droit Civil - Auteur : arsenelupin14
Le droit à l’image est né pendant la seconde moitié du XIXème siècle : jusqu’au XVIIIème siècle en effet, la notion de vie privée n’existe pas car la collectivité prévaut sur l’individu. La Révolution Française est une ère de bouleversements qui n’ignore pas le droit: l’individualisme s’affirme progressivement dans les mentalités et dans les mœurs et l’idée que les individus disposent d’une « sphère privée » et d’un droit sur la publication de leur image fait son apparition. Deux décisions fondées sur l’article 1382 du Code civil (article relatif à la responsabilité civile) inaugurent cette nouvelle approche. Le 11 avril 1855 d’abord, dans l’affaire Sœur Mélanie c/ Fougère , le président du Tribunal civil de la Seine interdit par une ordonnance de référé l’exposition publique d’un tableau représentant la directrice des Sœurs de la Providence. Le 16 juin 1858 ensuite, dans l’affaire Félix c/ O’Connel mieux connue sous le nom d’ « affaire Rachel », ce même tribunal condamne la publication d’un portait de l’artiste sur son lit de mort. Relativement marginal pendant plus d’un siècle, le droit à l’image est remis d’actualité en 1965 par deux affaires très médiatisées: les affaires Gérard Philippe et Brigitte Bardot . Celles-ci inspirent directement la loi du 17 juillet 1970 « tendant à renforcer la garantie des droits individuels des citoyens » dont l’article 22 -intégré sous l’article 9 du Code civil- dispose que « chacun a droit au respect de sa vie privée » et dont l’article 23 -intégré sous les articles 368, 369 et 370 du Code pénal (devenus art. 226-1 à 226-9 du NCP)- sanctionnent les photographies prises par téléobjectif à leur insu ainsi que les montages photographiques. A ce jour, il n’existe pas cependant de législation qui organise le droit à l’image de manière générale. De quels droits, alors, jouit-on sur son image ? Existe-t-il, même, un droit à l’image ? L’expression « droit à l’image » prête à confusion : il ne s’agit pas en effet d’un droit à être représenté mais bien du « droit pour toute personne de s’opposer à la reproduction et à la publication » de ses traits. Ce droit couvre un objet très large c'est-à-dire une multitude de situations allant de la photographie d’un acteur sur son lit de mort à un cliché pris dans un lieu public dans le cadre de l’exercice d’une profession. L’image prend quand à elle de nombreuses aspects : de la photographie au dessin, de la forme audiovisuelle et à la peinture.
Bien qu’il jouisse d’un fondement juridique contestable, le droit à l’image, considéré dans l’analyse française, comme un droit de la personnalité, a été consacré par la jurisprudence qui en a fait, dans un premier temps du moins, un droit absolu (I). Parce qu’en vertu de l’article 10 de la CEDH, la liberté d’information doit nécessairement être prise en compte, l’évolution de la jurisprudence en matière de droit à l’image semble aller dans le sens de sa limitation, limitation apparemment en passe d’être consacrée par la législation (II).
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