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Peut-on dire que ce sont les luttes qui font avancer l'Histoire ?
Dissertation - Philosophie - Auteur : ritadn
Lorsque Kant utilise l’expression « insociable sociabilité de l’homme », il met en lumière une
réalité complexe et paradoxale de la nature humaine. Cette expression met en lumière une
tension toujours reconduite dans le rapport entre l’homme et la société dans laquelle il évolue.
En tant qu‘animal politique, l’homme se voit obligé de concilier son profond besoin de
socialisation, qui se traduit par l’intérêt collectif, et un individualisme qui semble inhérent à sa
nature, c’est-à-dire son intérêt particulier. L’Histoire, souvent violente et chaotique, pourrait
alors être comprise comme une illustration de ce paradoxe, si bien que sa dynamique serait
portée par les luttes entre les aspirations antagonistes des groupes humains. Dire que ce sont
les luttes qui font avancer l’Histoire revient à voir dans l’affrontement des hommes et leur
antagonisme le moteur de la dynamique historique. De plus, le verbe « avancer » sous-entend
que cette dynamique est orientée, ou du moins suit-elle une direction linéaire, d’une origine
éventuelle à une fin supposée. Le sujet invite ainsi à voir dans l’Histoire l’application du
principe de causalité (où les luttes seraient la cause qui aurait pour effet la progression, du
moins, l’évolution de l’Histoire), mais, plus encore, tendrait à donner de l’Histoire une vision
finaliste (où la cause devient le moyen d’atteindre une fin ultime). En ce sens, les luttes
seraient non seulement les rouages profonds de la dynamique historique, mais plus encore, le
principe fédérateur et universel de la lecture d’une Histoire linéaire qui avance vers un but
précis.
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